Ma Siéra et Michel Lévi.

Pour terminer la saison 2019, le temple accueille un duo de peintres : Ma Siéra et Michel Lévi qui aiment exposer ensemble.

Voici comment elle s’exprime sur son travail : « Je ne sais jamais d’avance ce que je vais peindre. Je choisis des couleurs et je tire les fils du hasard en développant des tons. Quelquefois les embryons de paysage se révèlent assez vite : il faut s’y diriger et accentuer la touche…quelquefois à trop vouloir insister sur ce qui émerge, on perd tout! Il arrive que la peinture ne vienne pas; j’efface, je reprends mais elle est rebelle, elle m’échappe, je la détruis, je change de palette, de lumière. Je la mets à l’envers, je me débats avec les formes, les pigments, la mise en page ! On n’imagine pas le combat que je livre dans mon atelier! »

Michel Lévi a déjà exposé à Paris, Nyons, Vinsobres et Buis les Baronnies.

Il n’a aucune formation artistique mais a fréquenté des ateliers de peinture dès que sa profession le lui permettait. En parallèle il a eu la chance de pouvoir visiter de nombreux musées en Europe. Dans son travail actuel, il part d’une image figurative en tête mais bien vite les formes et couleurs perdent le tracé et l’image initiale. Arrive peu à peu une représentation abstraite où chacun peut se laisser à imaginer paysage, contrées réelles ou fictives… Et puis, comme c’est de la peinture acrylique essentiellement, il lui est facile de tout blanchir et de recommencer si les couleurs et les formes ne s’équilibrent pas harmonieusement. Finalement, est-ce cette subtile harmonie que Michel Lévi cherche à atteindre ?

Marèze Salembier : un parcours atypique.

Il y a à Nyons, une personne tout de noir vêtue avec beaucoup d’élégance, chapeautée et gantée en toutes saisons, qui promène son petit chien. Cette personne c’est Marèze Salembier, 92 ans, toujours souriante et d’un naturel réservé qui ne dédaigne pas d’échanger avec vous quelques banalités.

Ce que beaucoup ne savent pas c’est que Marèze Salembier est une authentique artiste au long parcours avec plusieurs cordes à son arc. Peintre, sculpteur médailliste (Monnaie de Paris) et céramiste, ses créations sont côtées à Paris dans les années 1950.

Depuis le choix de venir vivre au soleil de notre belle région, elle parcourt les rues de la ville d’adoption pendant quelques heures. C’est Dominique Phélebon, une amie qui lui a proposé d’exposer au Temple ce que l’on nomme : un fond d’atelier. Des œuvres surprenantes, des sanguines visionnaires, des médailles de belle taille ainsi que des petites sculptures. C’est assurément un vrai bonheur de venir contempler ses travaux et prendre un temps pour évoquer avec force de souvenirs son « passé » et quelques aspects de Paris des années d’avant.

Martine Chiappara

Martine Chiappara est née en Afrique du Nord, pays de soleil, de couleurs et d’atmosphères parfumées. De cette contrée, elle a gardé des influences plus ou moins conscientes que l’on peut retrouver dans ses œuvres.

C’est à l’école des Beaux arts qu’elle fréquente les cours de Marc de Michélis. Au départ c’est le non figuratif qui marque ses premières toiles; puis le choix s’est naturellement porté vers la réalité, riche, changeante.

Les sources d’inspiration sont multiples: une émotion, une vision qui épousent des formes et progressivement une composition se crée avec des superpositions de couleurs. De l’image réelle du départ, la perception de Martine Chiappara prend le chemin d’un processus qui abouti à l’oeuvre finale restituant l’émotion initiale ressentie. Des nuances douces, des compositions épurées et suggestives, voilà l’univers coloré et vivant que nous présente l’artiste avec cette magnifique exposition.

Christelle Planche-Petrossi : le plaisir de peindre.

Une formation aux techniques du dessin et de la peinture est-elle nécessaire pour être qualifié d’artiste ?

A cette interrogation, plusieurs réponses sont possibles. Christelle Planche ne revendique pas le titre d’artiste. Elle avoue sans détours ne pas avoir suivi des cours de dessin, appris les lois de la perspective, assimilé les notions de mariage des couleurs.

Pourtant, en découvrant ses toiles, nous sommes agréablement surpris par ces appariements de formes, de nuances. Ces assemblages créent chez celui qui regarde une émotion, une évocation. Puis, continuant la déambulation, les toiles font naître une histoire, des ressentis qui rejoignent sans doute le même cheminement que celui de Christelle Planche.

Je vous laisse découvrir à votre rythme les tableaux dont l’artiste, ici présente, vous fera le plaisir de vous donner quelques clés de ses inspirations.

Jean-Pierre Durand : rythme et géométrie heureuse

Peut-on échapper totalement à l’influence supposée d’une tapisserie célèbre ? Je veux mentionner ici l’Apocalypse de Nicolas Bataille, une tapisserie qui est visible au château à Angers. Voilà la question à laquelle J-P. Durand nous répondra volontiers.

Avec une formation de licier-créateur, J-P. Durand a longtemps travaillé dans le domaine du textile, la mode, l’ameublement et l’enseignement. Outre la fameuse tapisserie évoquée, ses sources d’inspiration sont multiples : le jazz et la danse contemporaine, le Bauhaus et le Vhutemas sans oublier les travaux de François Morelet et Victor Vasarely.

Pour notre plaisir, J-P. Durand expose ici quelques toiles, où à chaque fois des motifs sont répétés mais aussi différents dans leur expression. Chaque oeuvre est un instantané de vie qui, bien que contenu par les contours de la toile, n’attend qu’un signe pour nous envahir et combler notre quotidien.

D. Gau- Von dem Knesebeck, en phase avec l’actualité.

En matière de peinture, les sources d’inspiration des artistes sont nombreuses, variées et toujours surprenantes. Danielle GAU, native de la région s’est expatriée en Allemagne où elle a exposé dans de nombreuses villes comme Berlin, Hambourg, etc.

Spécialiste du portrait, dont les dessins sont saisissant de vie et d’expressivité, D. Gau aime traduire sur des grands formats, des sujets qui lui tiennent à cœur. Résolument témoin et citoyenne du monde, ses toiles récentes sont en phase avec une actualité dont notre mémoire ne peut effacer.

Figures géométriques traduisant l’enfermement rappelant ici le mur de Berlin; jouet d’enfant abandonné sur une plage en lien avec la tragédie des migrants qui frappe les enfants comme d’innocentes victimes. Des toiles lourdes de sens qui nous interpellent.

Ces événements dont l’artiste témoigne à sa façon, comme pour nous dire : il y a des malheurs qui font tâche à notre humanité, réveillons-nous et agissons !

Un électron libre

C’est avec ce titre volontairement accrocheur que notre secrétaire et correspondante locale du Dauphiné Libéré a choisi pour présenter et annoncer l’exposition de François KLEIN.

C’est lors d’une visite au temple que F. Klein a eu l’idée d’investir le lieu avec ses créations et ce, dans les trois dimensions. Artiste plasticien depuis de nombreuses années et originaire des Vosges, F. Klein ne se revendique d’aucun mouvement artistique.

Vous êtes accueilli par un animal de très grande taille, fièrement campé sur ses pattes trône et surveille la porte d’entrée. En face, une chaise monumentale, avec parasol, vous attend pour converser avec le quadrupède.

Des « machines » et autres cabanes côtoient une forêt atypique. A l’étage, le visiteur peut être surpris par les sculptures en bois qui forment une foule de personnes stylisées, imaginaires dans l’attente d’un événement. Des constructions faites avec des matériaux aussi curieux que carton, capsules et autres objets de récupération pour meubler un cabinet de curiosités.

Assurément, une exposition qui fera date dans les annales de l’association.

Les Artistes Amateurs

Pour la troisième année consécutive, les artistes non-professionnels ou amateurs (selon la définition) de Venterol ont investi le temple.

Nous avons retrouvé avec plaisir des « habitués » : Guy Bassement cette année nous a offert une collection de toiles dont le sujet est le bouquet de fleurs. C’est comme une promenade dans un jardin magique avec des couleurs chatoyantes, vives, très expressives; il manquait le parfum.

Avec un mixage de collage de papiers et de peinture sur des formats carrés, Monica Houël-Friquet nous a emmené dans un voyage coloré, inspiré d’un itinéraire personnel.

A l’étage, deux arrivées sont marquantes : Jean-Claude Marcel qui a saisi des instantanés de vie dans le style de R.Doisneau avec une touche personnelle.

Puis Alexandre Pénigaut dont le long et minutieux travail de « peintre-copiste » (le terme exact est à inventer) force notre respect. Chaque portrait est réalisé par un texte dont l’épaisseur du trait à l’encre de Chine et les espaces créent un tableau magistralement exécuté.

Beaucoup de venterolais ont connu Francine Van Beneden qui a disparu en 2014. Cette native de Belgique, après une formation d’architecte et d’arts visuels a exercé à Paris et à Bruxelles. Ayant choisi Venterol en 1973 pour y vivre, elle a continué ses multiples activités et à peindre. Quelques amis ont émis le souhait de lui rendre un hommage. Il est prévu de penser qu’une future exposition plus conséquente soit mise en place afin de saisir l’ensemble de son talent.

Enfin, une nyonsaise : Dominique Phélebon a été invitée. Quelques paysages, des marines et portraits illustrent une autre facette de son violon d’Ingres pour une venterolaise d’adoption.

La pierre à Venterol.

La première exposition au temple a atteint un double objectif : rendre un hommage à Bertrand Gaudefroy dit « le Gaulois » tailleur de pierre et découvrir le travail de la pierre dans le temps et aujourd’hui, à Venterol.

Cette manifestation est le fruit d’un projet né en 2018 et mené à son terme par Laetitia Gaudefroy, la fille de Bertrand, et Jacqueline Veilhan.

Dès l’entrée, le visiteur est accueilli par quelques pièces prêtées par des venterolais, des outils utilisés par l’artisan. Un album de photos familiales présente B. Gaudefroy dans l’exercice de son art, son atelier, chez des particuliers ou parmi les siens.

A l’étage, des photos tirées par Yannick Le Saux sur les ouvrages d’art de la voie ferrée Nyons-Pierrelatte témoignent la mémoire des tailleurs de pierre.

Olivier Sybillin, ami de Laetitia, a réalisé un montage sonore où se mêlent les voix de B. Gaudefroy, son frère, sa fille, des connaissances, chacun apportant une anecdote.

Le programme 2019 des expositions.

Dans l’article dernier, quelques explications ont été données pour traduire l’absence d’articles sur notre site et ce malgré les expositions qui ont eu lieu.

Sans plus attendre voici le programme tel qu’il a été retenu par la commission artistique et arrêté par le bureau.

du 04 au 23 avril : La pierre à Venterol – Hommage à Bertrand Gaudefroy.

du 26 avril au 08 mai : les Artistes de Venterol présentent leurs œuvres.

du 15 mai au 02 juin : François Klein, plasticien.

du 02 au 23 juin : Danielle Gau- von Dem Knesebeck, peintre

du 28 juin au 14 juillet : Christel Petrossi-Planche, peintre

du 17 au 31 juillet : Jean-pierre Durand, peintre.

du 02 au 18 août : Martyine Chiapparra, peintre.

du 20 au 28 août, Marèze Salembier, peintre.

du 30 août au 15 septembre, Ma Siéra et Michel Lévi, peintres.

Une majorité de peintres cette année mais à chaque fois des thèmes et des expressions différentes qui font la richesse de cet art.

Nous souhaitons de belles rencontres et surprises dans notre temple.