Saison 2018

Le site a été plutôt muet pendant de longs mois…

Une mise à jour est nécessaire, tant dans l’organisation et la répartition du travail que dans  la composition des articles.

Je vous demande un peu de patience, encore.

Et pour vous donner l’envie de venir nous voir et les expos au temple, voici le programme de cette saison 4 qui a commencé le 30 mars.

Karin Dilthey : « La Virevoltante« , photographies

Collections photographiques de la Conservation du Patrimoine de la Drôme : « Paysages de Baronnies » de Bernadette Tintaud et « Témoins Ordinaires » de J-Pierre Bos.

du 03 mai au 27 mai : Françoise Houze, peintre plasticienne

du 01 juin au 10 juin : Christine Bry, peintre, « Paysages et tondi »

du 22 juin au 08 juillet : Frédérique Machado, techniques mixtes avec 2 événements surprises !

du 11 juillet au 18 juillet : Laetitia Gaudefroy-Colombot, peintre et écrivaine

du 03 août au 19 août : Cégolène Frisque, photographe

du 24 août au 09 septembre : Rétrospective des œuvres de Jean Chollet

du 28 septembre au 07 octobre : les artistes de Venterol (peinture et vitrail et ?)

Annik Reymond: de la force des encres à la douceur des aquarelles

Une vraie originalité au cours de la dernière exposition au Temple. Le visiteur qui pénètre dans le bâtiment est saisi par cette longue frise qui ceinture le rez de chaussée du lieu. Cette oeuvre est pareille à un livre dont les pages jointes bout à bout permettent d’embrasser d’un regard circulaire la presque totalité de l’ouvrage. Il faut ensuite parcourir pas à pas la longue bande de papier canson comme pour la lecture d’une nouvelle, d’une histoire.

Ici pas de message caché ni de révélation. Liberté est donnée à chacun de se laisser mener par son imaginaire et, pourquoi pas, découvrir l’intention de l’artiste. Après quelques « lectures » et  « relectures », approchez vous de A.Reymond et faites lui part de vos impressions, de votre questionnement. Pendant cet échange singulier, vous entendrez les bribes de ce qu’elle nomme: sa musique intérieure qui donne le  » la » à cette création.

Et puis, si un passage vous parle, pourquoi ne pas l’acquérir? Voilà une opportunité qui fera de vous le seul dépositaire d’une parcelle d’un itinéraire unique.

Unique est le mot clé du travail de A.Reymond; écoutons la: « avant que la ligne ne se déroule sous mes yeux, je n’ai aucune idée de ce à quoi elle ressemblera. Selon moi, l’important n’est pas de savoir faire, mais d’être en mesure d’oublier ce que l’on sait. Alors, debout face au support vierge, le souffle et l’outil suspendus, les yeux ouverts sur le vide, commencer à tracer. »

A l’étage, la couleur prend le pas sur les gris et noirs qui vous ont accueilli. Des petits formats joliment encadrés laissent apparaître une autre narration, un autre itinéraire dont l’inspiration est fonction des lieux et des moments.

Samuel Guille : un photographe témoin des lieux et des sens.

Samuel Guille a quitté l’Ardèche pour aller vivre au Royaume Uni, a traversé le territoire jusqu’en Ecosse pour finalement revenir en France et se stabiliser à Paris pendant 20 ans. Pendant ces années, il a travaillé dans les milieux du théâtre, du cinéma, de la mode et de l’événementiel.

La photographie est pour lui un support d’expression pour aborder les sujets abstraits comme la solitude, la plénitude l’imaginaire et l’indicible. Revenu en Drôme depuis 5 ans, il expose ses séries de clichés en atelier, en galerie et festival. 

Avec l’événement ITINÉRANCES, il a été retenu pour exposer au temple de Venterol cette année. 4 séries ont été accrochés : « Géométrie des bords de mer », « Gilded Chicago », « Brume » et « d’un naturel rêveur ».

« La mer et ses rivages : une série inspirée par l’immensité des masses d’eau salée avec leurs manteaux cachant un monde sous marin. L’Homme défie cette force naturelle au fil du temps en arrimant quelques évanescents repères, bouées et pontons que le photographe fige sur la pellicule. »

 » Chicago doré : les vents de Chicago n’ont jamais cessé de souffler sur le tout le paysage de la culture nord-américaine. Une cité inspirant les grands architectes, les grands musiciens; Chicago, emblème de la force toujours combative »

« Épaisseur de l’air, subtilité des nuances de blanc aux légères touches de couleur dans un paysage intemporel où chaque sujet est isolé de son ensemble. Icône solitaire, paisible et lumineuse… Une plage, un bois, un bateau, l’homme, tout se replace dans l’essentiel du moment partagé dans un regard commun entre le photographe et l’observateur. »

« Cette série s’intéresse au paysage de terre structuré par la main de l’homme, paysage façonné par les cultures de vignes, de céréales et de plantes aromatiques. Le trésor de cette agriculture de maraîchers se trouve sur ces parcelles bordées de sources et de fruitiers, de mûriers et de chênes truffiers. Il y a ici l’idée d’une nature nourricière : terre semée et travaillée. Dans son aspect pictural   : d’un naturel rêveur

 est une série mettant en scène la température des paysages -cadrage vertical, fondu, lumière rasante et captation des couleurs- à la manière d’une peinture.

Jean Marie BARRIERE, un artiste peintre amoureux de l’image.

Passionné par la peinture, Jean Michel Barrière a fait de cet art son activité principale après avoir été enseignant et pratiquant. Sa formation s’est faite à Paris, à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts et à l’Institut d’Art et d’Archéologie, cursus qu’il a terminé avec une agrégation d’arts plastiques. Pendant ces années, il découvre des œuvres de peintres reconnus : Gustave Moreau (1826-1898) que l’on classe dans le courant « symboliste ». Citons aussi un artiste né en Angleterre et devenu américain, peintre et sculpteur : Malcom Morley qui a innové dans l’hyperréalisme. Ces peintres ont contribué à son inspiration.

Ce sont les voyages nombreux en Amérique du Nord et du Sud, dans le Pacifique qui ont nourri et construit son catalogue personnel d’images, de paysages et d’impressions divers et colorés.

De même qu’un réseau d’eaux souterraines aboutit à l’émergence d’une source, pour J-M Barrière l’émotion artistique naît selon un réseau semblable, invisible à nos yeux. Ainsi, une image, une ambiance, une vue suscitent un projet, une idée de tableau. Ces  » modèles » sont transformés avec beaucoup de liberté par l’utilisation de l’outil informatique. Les esquisses, éditées par l’imprimante vont devenir une composition et vont révéler l’émotion profonde qui a déclenché le projet. Nous arrivons à la réalisation finale du tableau avec une technique mixte: pigments et finition à l’huile. De manière aléatoire, c’est la matière qui parle au premier jet. Parfois des reprises et/ou des retours sur l’image virtuelle s’organisent. Cet aspect « brut » de la composition qui s’enseignait autrefois dans les ateliers, aujourd’hui J-M Barrière lui donne cette continuité en l’appliquant à une peinture non-figurative en utilisant des moyens d’expression contemporains.

Je vous invite à découvrir ces tableaux qui ont chacun une histoire et que l’artiste ici présent vous fera un plaisir de conter son cheminement.

la mer du Nord en Drôme provençale?

Serait-ce une des conséquences du réchauffement climatique? non c’est une boutade, une « accroche » pour décider les lecteurs à voir l’exposition des peintures de Françoise BELLIERE.

Née à Bruxelles, elle y a vécu longtemps puis s’est installée dans la campagne athoise (province du Hainaut). Aujourd’hui, elle réside à Sainte Jalle.

Sur la façade maritime, entre Ostende et La Panne, se trouve Nieuport, une ville que F.Bellière connait bien. Sur la côte, les longues étendues de sable où la mer et le ciel se confondent à l’horizon, il y a une lumière particulière; ces éléments vont nourrir l’esprit de l’artiste.

Vous connaissez ces phrases d’un chanteur célèbre :

« les gens du Nord ont dans les yeux le bleu qui manque à leur décor

les gens du Nord ont dans le cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors « .

F.Bellière possède au fond des yeux ce quelque chose d’indéfinissable qui facilite l’accueil. Dans ses tableaux la mer, le vent, le ciel indissociables du plat pays sont menaçants ou calmes, colorés ou gris. Ils ne sont pas que les pièces d’un décor, ils sont et représentent les forces visibles et invisibles qui règnent sur ce pays.

Beaucoup de gris, de beige, aux nuances douces et fluides qui se laissent contempler longtemps. Parfois une autre teinte plus vive attire l’œil et reste fixée dans les yeux.

Dans ses tableaux F.Bellière évoque un pays cher à son cœur et ses toiles font naître une envie : découvrir ces ambiances fortes et vivantes.

Avec Sylvia Lotthé : êtes-vous Inside ou Out ?

L’exposition de Sylvia Lotthé au temple pendant cette période estivale s’intitule « Inside and Out » en raison des deux thèmes majeurs développés par l’artiste.

Au rez de chaussée, « Inside » reflète une partie de l’univers imaginaire de S. Lotthé. Elle n’a pas fait appel à des modèles, des personnes qui ont accepté de poser; non ces personnes n’existent que dans son inconscient. Aussi ces personnages avec des poses détendues nous interrogent d’un regard profond, presque énigmatique et semblent vous appeler pour débuter une conversation ou vous écouter, simplement.

A l’étage, le « Out » est une succession de carnets de voyages, témoins des nombreuses destinations  de l’artiste qu’ils soient professionnels ou non. A chaque point de chute ou escale, il y a un pays, des lieux connus, d’autres pas ou peu. Mais il y a surtout des personnes, des rencontres fortuites, inattendues qui créent çà et là des ambiances qui nourrissent les yeux et l’esprit de S. Lotthé.

Ces impressions, ces échanges, ces émotions, elle les dessine au fur et à mesure de ses déplacements en mêlant parfois des tickets de transport, des timbres, des fragments d’instants pris sur le vif. Ainsi défilent sous nos yeux, Maroc, Sri Lanka et l’Inde, des contrées chargées d’histoire et de culture.

Pendant cette promenade, le visiteur s’arrête quelques instants, découvre ces instantanés, s’imprègne d’un climat. Cet ensemble offre une évasion pendant une courte brèche du temps qui court.

IPSEITE, avez-vous dit ?

Voici un terme qui interpelle car il est peu utilisé dans notre langage quotidien. Ici, il est à mettre en lien avec les photos de Olivier Sybillin.

Pour le dictionnaire, la signification donne le sens de « ce qui fait qu’un être est lui-même et non pas autre chose ». Le Thésaurus précise : créature, esprit, être humain.

Fixer sur une pellicule un visage, une silhouette est une manifestation, une preuve de l’existence de ce que la photographie nous montre. Mais, est-ce la réalité ? Est-ce toujours le cas ? Il se trouvera toujours des personnes qui vont douter, mettre en question ce qui est représenté.

Pour Olivier Sybillin, il ne s’agit pas d’apporter des témoignages ou des preuves, son travail se situe au-delà de la justification. Inspirer une histoire, un avant, suggérer une épaisseur, une consistance, voilà l’un des buts poursuivis parmi tant d’autres. 

Veut-il exprimer le mouvement d’un pas de deux ? Le danseur saisi dans sa gestuelle est en mouvement, il le réalise au moment même où on le regarde. Le graffiti inscrit sur le mur de la cellule nous interpelle, il résonne dans nos oreilles. L’esquisse de la femme qui se tient dans le clair-obscur de la porte : attend-t-elle quelqu’un ? ou regarde-t-elle son ami(e) partir ? arriver ? 

Ces instants nous interrogent et nous laissent une totale liberté d’imaginer, de penser et de rêver ou même d’entrevoir l’imaginaire de notre photographe.