Annik Reymond: de la force des encres à la douceur des aquarelles

Une vraie originalité au cours de la dernière exposition au Temple. Le visiteur qui pénètre dans le bâtiment est saisi par cette longue frise qui ceinture le rez de chaussée du lieu. Cette oeuvre est pareille à un livre dont les pages jointes bout à bout permettent d’embrasser d’un regard circulaire la presque totalité de l’ouvrage. Il faut ensuite parcourir pas à pas la longue bande de papier canson comme pour la lecture d’une nouvelle, d’une histoire.

Ici pas de message caché ni de révélation. Liberté est donnée à chacun de se laisser mener par son imaginaire et, pourquoi pas, découvrir l’intention de l’artiste. Après quelques « lectures » et  « relectures », approchez vous de A.Reymond et faites lui part de vos impressions, de votre questionnement. Pendant cet échange singulier, vous entendrez les bribes de ce qu’elle nomme: sa musique intérieure qui donne le  » la » à cette création.

Et puis, si un passage vous parle, pourquoi ne pas l’acquérir? Voilà une opportunité qui fera de vous le seul dépositaire d’une parcelle d’un itinéraire unique.

Unique est le mot clé du travail de A.Reymond; écoutons la: « avant que la ligne ne se déroule sous mes yeux, je n’ai aucune idée de ce à quoi elle ressemblera. Selon moi, l’important n’est pas de savoir faire, mais d’être en mesure d’oublier ce que l’on sait. Alors, debout face au support vierge, le souffle et l’outil suspendus, les yeux ouverts sur le vide, commencer à tracer. »

A l’étage, la couleur prend le pas sur les gris et noirs qui vous ont accueilli. Des petits formats joliment encadrés laissent apparaître une autre narration, un autre itinéraire dont l’inspiration est fonction des lieux et des moments.