Anna Puig Rosado

Exposition de photographies invitation APdu 17 au 27 septembre 2015

Auteur photographe, grande voyageuse de lieux atypiques ( Sibérie orientale, Yemen , Soudan, Mer Noire, Comores, Erythrée.. ) . Ses voyages les plus récents l’ont emmenée la Tunisie et Istanbul . Elle a présenté ses expositions en France et dans le monde. Elle vit dans la Drôme et partage sa passion en animant des stages et des ateliers photos pour adultes et enfants à l’atelier Bildo et dans les écoles ou institutions. Elle a localement réalisé des commandes pour la marque « Le secret de la Roche », l’atelier Keeping, le domaine viticole «  Passion d’une femme ».

Dans la série «  Désorienté « elle a la particularité de nous montrer des lieux désertés, et nous donne avoir un autre monde qui sollicite notre imaginaire et notre réflexion ; par ses compostions et ses angles de vue on est souvent proche de la peinture non figurative.

Désorienté

J’aime quand le voyage rude m’éloigne de ces paysages idéaux faits de sable et de cocotiers assassins. Je pars pour un voyage, souvent transformé en errance, une somme formidable de temps consumé en attente, en rêverie, en transports hasardeux partant en retard et déambulant dans des paysages sinistres avec l’apparence d’être exempté d’horaire et d’itinéraire.

Chaque image porte son histoire, un agglomérat de peurs, de fatigues, de rencontres heureuses, un total éblouissant de vagues intuitions ou de décisions prises à l’emporte pièce qui vous placent au bon moment sur une plage iranienne devant une pierre, sorte de tombeau vertical affrontant effrontément les outrages du temps et tentant de barrer la route à un bateau presque mort. La veille, vers deux heures du matin, un tremblement de terre avait secoué virilement mon hôtel. Depuis le quatrième étage, sentant que la vie se dérobait, j’avais plongé dans l’escalier en grossissant le tourbillon humain, un mélange de corps paniqués, de hurlements terrifiants, comme aspirée par le fond sombre de l’immeuble vacillant. Bercés par les pleurs et les reniflements nous avions tous attendu dehors que le jour se lève. Mais le ciel gris sinistre avait commencé à s’effilocher et sous une lumière tendre, pour tromper la peur, j’avais trouvé une barque pour gagner l’île d’Ormoz à quelques encablures. La mer, comme échaudée par cette terre remuante, avait reculé d’une centaine de mètres.

Et j’avais sorti l’appareil !

 

 

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